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Nous étions 12 lecteurs pour ces lectures apéritives du vendredi 19 octobre consacrées à la rentrée littéraire de septembre 2018.
Parmi la vingtaine de livres sélectionnés par notre libraire, 2 ont été rejetés, les autres vous attendent en rayon :

 

- Dix-sept ans d’Eric Fottorino :

Un roman autobiographique plus particulièrement centré sur la mère d’Eric Fottorino. « 17 ans » correspond à l’âge auquel la mère d’Eric Fottorino, tombée enceinte par accident, a été mère pour la première fois.
L’écriture du livre est intéressante. Par ailleurs, au fil de la lecture, on s’attache aux personnages du roman. A garder. La lectrice a beaucoup aimé.

 

- Là où les chiens aboient par la queue d’Estelle-Sarah Bulle

Il s’agit d’un premier roman envoyé par la poste et immédiatement accepté par l’éditeur. Coup de cœur de la rentrée littéraire pour plusieurs lecteurs. L’auteure est née en 1974 à Créteil. Dans un mélange de fiction et d’autobiographie, elle raconte les souvenirs fantasmés d’une famille guadeloupéenne des années 40 aux années 80 en même temps qu’elle retrace l’histoire de la Guadeloupe : la façon dont ses oncles et tantes ont vécu leur enfance, leur arrivée en métropole pour trouver du travail… Un roman très romanesque et prenant porté par une langue vive avec quelques mots de créole. Un gros coup de cœur.

 

- Tenir jusqu’à l’aube de Carole Fives 

Une jeune mère célibataire, graphiste free lance se retrouve seule à élever son jeune enfant de deux ans. Pour échapper à un quotidien oppressant (pas de mode de garde, grande solitude) et une relation étouffante avec son fils, la jeune mère s’enfuit chaque soir de son logement après le coucher de son fils. Au fil des jours ses escapades nocturnes se prolongent…

Coup de cœur pour certaines lectrices. Un court roman sur un sujet très contemporain porté par une écriture vive très visuelle.
Avis non partagé par une lectrice gênée de ne jamais entendre la voix du fils dans le roman,

 

- Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui

Roman très autobiographique, découpé en trois parties : savoir, apprendre, devenir. Ce roman raconte la difficulté d’avoir un parent breton et un parent algérien. Le retour en France de la narratrice s’avère difficile alors qu’elle réalise dans le même temps son homosexualité. Ce livre raconte sa difficulté à trouver sa place.

L’auteur arrive à dire des choses difficiles simplement. On apprend énormément de choses sur Nina Bouraoui. Roman court, style parfait. Assez sombre mais intéressant.

 

- La tête sous l’eau d’Olivier Adam
Une adolescente enlevée disparait puis réapparait. Ce roman relate le quotidien d’une famille prise dans la tourmente d’un fait divers. De quelle façon cela se passe à l’école, sur les réseaux sociaux… ? Chacun des personnages devra faire un bout de travail pour dépasser l’événement.

Pas très gai mais néanmoins très intéressant de vivre les choses de l’intérieur. Bien écrit. Se lit vite.

 

- Lèvres de pierre de Nancy Huston

Deux histoires parallèles : la première raconte l’histoire d’une jeune femme, la seconde l’histoire de Pol Pot. Les deux histoires sont très bien racontées mais sans lien entre elles. Le parallèle établi entre ces deux personnages très différents semble trop ténu, voire inapproprié.

 

- Khalil de Yasmina Khadra :

Khalil relate l’histoire des attentats de novembre 2015. L’histoire est plus particulièrement centrée sur un personnage qui doit se faire exploser mais n’y arrive pas pour des raisons liées à la défaillance du matériel. On se retrouve alors à l’intérieur du réseau terroriste avec lui. Il retourne à Molenbeeck pour reprendre le contact avec la nébuleuse djihadiste et expliquer qu’il n’a pas pu se faire sauter.

Pour certains, ce livre est un peu caricatural. Pour d’autres lecteurs ce livre est intéressant dans la mesure où l’on assiste au parcours d’une petite frappe de banlieue qui bascule dans le terrorisme.

 

- La chance de leur vie d’Agnès Desarthe

Histoire d’une famille. Le père a l’opportunité d’aller enseigner aux Etats-Unis en tant que professeur de littérature française à l’université. Alors que lui profite de la situation pour nouer des relations extraconjugales sa femme peine à s’intégrer. Quant au fils, un peu déjanté et loufoque, il fait office de gourou auprès d’un groupe de jeunes un peu paumés.
Roman un peu long. Néanmoins une vision de la vie des expatriés intéressante. Pourquoi pas ?

 

- Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal

« Un monde à portée de main » relate l’histoire d’une étudiante qui rate sa première année. Ses parents lui trouvent une école d’art dans laquelle est enseignée la technique du trompe l’œil sur différents matériaux, le bois, le marbre, et l’écaille de tortue. Cette jeune fille côtoie deux autres étudiants, son colocataire ainsi qu’une autre fille.
Magnifique. L’histoire des techniques est très bien retranscrite. Un peu trop technique et documenté pour d’autres lecteurs.

 

- Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb 

Un prénom épicène est un prénom qui peut être utilisé par les deux sexes. Un beau jour Dominique rencontre Claude. Dominique ne comprend pas pourquoi elle éveille de l’intérêt chez cet homme. « Les prénoms épicènes » raconte une histoire d’amour et de vengeance.

Bien écrit. Se lit très rapidement. Intéressant.

 

- Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider

 « Tu t’appelais Maria Schneider » est écrit par la cousine de l’actrice du « Dernier tango à Paris » et relate à la fois l’histoire de Maria Schneider et celle de sa famille, qui appartient à la grande bourgeoisie parisienne très orientée à gauche. Abîmée psychologiquement par le film, Maria Schneider devient droguée. Ce livre recèle également des éléments intéressants sur l’époque et le milieu du cinéma dans les années 70.

Un beau regard de la narratrice sur sa cousine et sur la place de la femme en France dans les années 70.

 

- Un tournant de la vie de Christine Angot

Une fille en couple croise par hasard son amour de jeunesse et renoue avec lui. « Un tournant de la vie » raconte l’histoire d’une femme coupée entre ces deux hommes.

Sans intérêt. On ne garde pas.

 

Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam

Farah et ses parents ont trouvé refuge dans une zone blanche, dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur, refusant la mondialisation, et les nouvelles technologies. Livrée à elle-même, Farah grandit au milieu de la nature en jouissant d’une grande liberté. Alors que Farah rentre dans la période de la puberté, elle découvre qu’elle est transgenre en raison d’une maladie. Située à la frontière franco-italienne à un endroit dans lequel passe des migrants, la communauté va être confrontée à une situation inédite et se révéler sous un jour nouveau.

Quelques scènes relatant la découverte de la sexualité par Farah sont très crues. Un bon roman sur un sujet original. De très belles descriptions de la nature.

 

- Hôtel Waldheim de François Vallejo
Roman à tiroirs. Commence doucement par une gradation de l’histoire.

Jeff Valdera habite près du Havre. Un jour, il reçoit une carte postale de Davos « Ca vous rappelle queqchose ? » Le narrateur se rappelle alors avoir passé des vacances dans cet hôtel avec sa tante alors qu’il était adolescent. Puis, il reçoit une seconde carte postale. Jeff tente de se rappeler et se souvient qu’il parlait alors à tout le monde. A la suite de la troisième carte postale il rencontre Frieda, la mystérieuse expéditrice de ces cartes postales.

Un très bon roman extrêmement prenant. Proche du roman d’espionnage. Un des coups de cœur de la rentrée littéraire.

 

- La rivière de l’oubli de Jun Cai

Roman policier chinois. Un homme assassiné se réincarne. Mais personne ne croit à sa réincarnation alors qu’il côtoie les personnes qu’il a connues dans sa vie antérieure.

Un polar chinois extrêmement prenant. Très bien construit. A conseiller.

 

- A son image de Jérôme Ferrari
« A son image » raconte l’histoire d’une photographe, ancienne photographe de guerre, morte à 38 ans sur une route de Corse. Son parrain et oncle est chargé de dire la messe d’Antonia. Le roman suit les pensées du parrain et retrace l’histoire de cette jeune femme, d’abord amoureuse d’un indépendantiste corse, qui a ensuite tout plaqué pour partir couvrir la guerre de Yougoslavie.

Un très beau roman. Une véritable méditation sur les pouvoirs de la photographie. Très bien.

 

- La neuvième heure d’Alice McDermott
Alors que sa femme est sortie faire ses courses avec sa fille, un homme se suicide. Dans le quartier dans lequel ils habitent se trouve un couvent. Les sœurs prennent sous leur aile la jeune femme et son enfant. La neuvième heure raconte l’histoire de la petite fille qui grandit dans ce couvent.

Très intéressant. On découvre la vie d’un quartier de New-York. Les rapports humains entre les personnages sont également très bien décrits. Par ailleurs, l’écriture est agréable.

 

- Les disparus de la lagune de Donna Leon

Un polar très lent, dans lequel il ne se passe rien. Pas vraiment d’enquête et assez convenu.

 

- Onze jours de Léa Carpenter
Une femme apprend que son fils a disparu en Afghanistan, alors qu’il s’est engagé dans la Navy. Dans l’attente d’un message de son fils elle voit par flash-back des pans de son passé.
Très prenant. On veut savoir jusqu’où le jeune homme va aller. Un livre dur mais très bien.

 

- La vraie vie d’Adeline Dieudonné
Un conte pour adultes, centré sur l’histoire d’une jeune femme, pré-adolescente. Une mère traitée d’amibe, un père monstrueux, chasseur sanguinaire et violent. Les enfants perçoivent ce monde d’adulte de façon décalée. 

Un livre très sombre et poétique. Un autre coup de cœur de la rentrée littéraire.