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Nous étions 13 lecteurs pour ces lectures apéritives du vendredi 16 février consacrées à la rentrée littéraire de janvier 2018.
Parmi la vingtaine de livres sélectionnés par notre libraire, 5 ont été rejetés, les autres vous attendent en rayon :

- Une longue impatience de Gaëlle Josse : Une femme perd son mari, pêcheur, en mer, elle se remarie avec le pharmacien du village. Son fils, issu de sa première union, a du mal à s’intégrer dans cette nouvelle famille et finit par lui aussi prendre la mer. Commence alors pour la narratrice une longue attente qu’elle tentera, tant bien que mal, de combler par l’imagination du grand banquet qu’elle préparera pour son fils à son retour.
Ecriture d’une grande finesse, comme de la dentelle, d’une grande douceur pour raconter une tragédie. Superbe !

 

- Paris - Venise de Florent Oiseau : Roman vient de trouver un job sur le Paris-Venise, le train de nuit le plus en retard d'Europe. Un signe. Lui non plus n'est pas très en avance dans sa vie. À presque trente ans, décrocher ce poste de couchettiste ressemble à une consécration... Les trafics de clandestins, les douaniers avinés, les descentes de pickpockets venus piller la diligence : tout peut arriver dans ce théâtre ambulant. Même tomber amoureux.
Toute la diversité de la société dans un train, les personnages sont juste effleurés, juste croisés. Un agréable moment de lecture.

 

- Le pouvoir de Naomi Alderman : Aux quatre coins du monde, les femmes découvrent qu'elles détiennent le "pouvoir". Du bout des doigts, elles peuvent infliger une douleur fulgurante - et même la mort. Soudain, les hommes comprennent qu'ils deviennent le "sexe faible". Mais jusqu'où iront les femmes pour imposer ce nouvel ordre ?
Une dystopie électrique, une fin édifiante. Un des coups de cœur de cette soirée.

 

- Juste après la vague de Sandrine Colette : Il y a six jours, un volcan s'est effondré dans l'océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et soeurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n'y a plus qu'une étendue d'eau Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Les parents comprennent qu'il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l'aide. Mais sur leur barque, il n'y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.
Histoire de l’humanité pleine d’espoir, les personnages sont attachants. Du grand Colette.

 

- Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin : À la suite d'un accident, un homme se retrouve piégé dans un village enseveli sous la neige et coupé du monde par une panne d'électricité. Il est confié à Matthias, un vieillard qui accepte de le soigner en échange de bois, de vivres et, surtout, d'une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps, seule échappatoire.
Huis clos aux descriptions de paysages québécois magnifiquement réalistes.

 

- Chanson de la ville silencieuse de Olivier Adam : Je suis la fille du chanteur. La fille seule au fond des cafés, qui noircit des carnets, note ce qu'elle ressent pour savoir qu'elle ressent. La fille qui se perd dans les rues de Paris au petit matin. La fille qui baisse les yeux. Je suis la fille dont le père est parti dans la nuit. La fille dont le père a garé sa voiture le long du fleuve. La fille dont le père a été déclaré mort.
Roman sombre sur la quête du père.

 

- Les guerres de mon père de Colombe Schneck : Gilbert, le père de la narratrice, était enfant pendant la seconde guerre mondiale. Et juif. Il a bénéficié de tout un réseau de ce qu'on appellera plus tard Les Justes qui lui permettront d'éviter les camps, la mort.
Magnifique ! Meilleur livre de l’année pour une de nos lectrices.

 

- La vie de David Hockney de Catherine Cussey : Né en 1937 dans une petite ville du nord de l'Angleterre, David Hockney a dû se battre pour devenir un artiste. Il a vécu entre Londres et Los Angeles, traversé les années sida et secoué le monde de l'art avec une vitalité et une liberté que n'ont entamées ni les chagrins amoureux, ni la maladie, ni les conflits, ni le deuil.
Livre plein de rythme sur un personnage rayonnant.

 

- Les Loyautés de Delphine de Vigan : Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu'il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l'enfance violentée, qui s'inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller.
Roman sur la maltraitance psychologique.

 

- Pactum Salis de Olivier Bourdeaut Très improbable, cette amitié entre un paludier misanthrope, ex-Parisien installé près de Guérande, et un agent immobilier ambitieux, prêt à tout pour « réussir ». Le premier mène une vie quasi monacale, déconnecté avec bonheur de toute technologie, tandis que le second gare avec fierté sa Porsche devant les boîtes de nuit. Liés à la fois par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s'apprivoiser, au coeur des marais salants.

 

- Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître : Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l'empire financier dont elle est l'héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d'un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l'adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l'ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d'intelligence, d'énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d'autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l'incendie qui va ravager l'Europe.
Coup de cœur des lecteurs ! Jouissif ! Rocambolesque ! L’histoire d’une vengeance machiavélique.


- Les rêveurs de Isabelle Carré : Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même.

 

- Ma zad de Jean-Bernard Pouy : Camille Destroit, quadra, responsable des achats du rayon frais à l'hyper de Cassel, est interpellé lors de l'évacuation du site de Zavenghem, occupé par des activistes. A sa sortie de gard’av, le hangar où il stockait des objets de récup destinés à ses potes zadistes n'est plus qu'un tas de ruines fumantes, son employeur le licencie, sa copine le quitte... et il se fait tabasser par des crânes rasés. Difficile d'avoir pire karma et de ne pas être tenté de se radicaliser !
Road movie plein de références littéraires et picturales, une touche d’argot, un polar noir plein d’humour (à deux balles ?!).

 

- Paname Underground de Zarca : L’auteur enchaîne les rencontres et les substances pour raconter le off de la capitale. Mais la virée parisienne se transforme en spirale de défonce et de rage quand Zarca est victime d’une tentative de meurtre et que sa frangine de cœur succombe à une overdose.
Prix de Flore 2017, ce polar divise le comité. Un astéroïde littéraire !

 

- Une vie sans fin de Frédéric Beigbeder : l'auteur mène une enquête journalistique sur les avancées scientifiques qui permettront bientôt de prolonger notre vie.

 

- Une ville à cœur ouvert de Zanna Sloniowska : L'histoire de quatre générations de femmes en butte aux cahots politiques de leur pays.
Roman foisonnant, à la fois saga contemporaine de l’Ukraine, et portrait attachant d’une ville.