visuelelb

 

Lectures apéritives

du vendredi 11 octobre 2019

 

Nous étions 14 lecteurs pour ces lectures apéritives du vendredi 11 octobre consacrées à la rentrée littéraire de septembre 2019.

Parmi les 27 romans sélectionnés, 6 ont été rejetés, les autres vous attendent en rayon.

 

« Ceux qui partent » Jeanne Benameur

« Ceux qui partent » relate l’histoire d’immigrés qui souhaitent s’installer aux Etats-Unis au début du XXème siècle. Le livre se passe sur une journée et une nuit. Lorsque ces personnes arrivent en Amérique, une personne s’intéresse à eux en les prenant en photo.

Un très beau livre qui relate le destin de plusieurs personnes qui se croisent en 1910 en Amérique. Ils choisissent l’exil pour survivre à un deuil (Donato et Emilia, les italiens), pour fuir les persécutions (Gabor, le gitan), ou pour se reconstruire après le massacre des siens (Esther, l’arménienne). Grâce à son écriture sensible et poétique, Jeanne Benameur rend hommage à « Ceux qui partent », ceux qui ont la force de tout quitter pour vivre pleinement leur vie. Un livre puissant qui interpelle.

 

« Les choses humaines » Karine Tuil

Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale.

Tout le roman tourne autour de la façon dont les parents vont vivre cette histoire. On assiste à la décomposition de cette famille. Le fils ne prend pas conscience de la gravité de ses actes et les parents ne se sentent pas responsables. Un roman qui surfe sur l’air du temps sans apporter quelque chose de vraiment nouveau. On ne garde pas.

 

« Par les routes » Sylvain Prudhomme

Un écrivain solitaire de 40 ans décide de quitter Paris. Sur la route, il prend un auto-stoppeur, 20 ans après l’avoir rencontré pour la première fois. Désormais l’auto-stoppeur vit en couple et a un enfant. L’auto-stoppeur, épris de liberté, voyage au gré de ses rencontres. Son plaisir : rencontrer des gens et les photographier.

Un style à la fois surprenant et très beau. Ce livre ressemble à « Par les chemins noirs » de Sylvain Tesson. Sorte de road-movie dans lequel le personnage de l’auto-stoppeur s’efface derrière les personnes rencontrées. Ce personnage vit sa vie par procuration en quelque sorte. Certains ont beaucoup aimé ce livre. D’autres moins.

 

« Par les soirs bleus d’été » Franck Pavloff

Dans le lieu-dit la Montagne perdue, Détélina, une jeune femme hantée par la mémoire des mineurs de fond, veille sur son fils Léo, un enfant hors du commun, qui ne s'exprime que par un rituel minutieux de dessins et de couleurs. Quand arrive du Donbass, terre de combats, un étranger sur un side-car d'une autre époque, l'enfant se laisse peu à peu approcher. Mais que cherche cet homme qui bouscule leurs habitudes, ce frère d'exil qui rend leur quotidien plus lumineux !

Un très beau livre, très poétique, dans lequel on sent l’humanité de l’auteur. Authentique. A recommander.

 

« Rouge impératrice » Léonora Miano

Au XXIeme siècle, l’Afrique est une grande puissance. Tous les états se sont unifiés. L’Europe subit une période de décadence. Quant aux américains, une bombe atomique a anéanti leur civilisation. Une partie des européens s’est réfugié en Afrique. Tous les problèmes, qui se posent actuellement en Europe, se posent en Afrique : assimilation, communautarisme….

Des personnages remarquables, des problèmes passionnants, ainsi qu’une écriture très belle et dense. Au début, le lexique est très utile. Un roman formidable, à lire absolument.

 

« Le ciel par-dessus le toit » Natacha Appanah

Histoire d’une femme élevée par ses parents comme un animal de cirque. Un soir, alors qu’elle est encore enfant, elle se fait agresser par un vieux schnock. Bien plus tard, elle met au monde deux enfants, change de nom et rejette sa vie antérieure. Devenu grand adolescent, le fils est arrêté pour avoir pris l’autoroute à contresens.

Certains lecteurs n’ont pas du tout apprécié, parce qu’ils n’ont pas réussi à entrer dans le roman. D’autres lecteurs au contraire ont beaucoup apprécié ce livre.

 

« Le cœur battant du monde » Sébastien Spitzer

« Le cœur battant du monde » relate l’histoire de Karl Marx parti avec F. Engels en Angleterre. A Londres, une jeune anglaise est recueillie par F. Engels. Elle vient d’accoucher de l’enfant illégitime de Karl Marx., quant à lui marié à une baronne. On apprend que Marx n’a jamais aimé travailler. Il a vécu toute sa vie au crochet de F. Engels, riche industriel qui payait mal ses ouvriers. Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d'Irlande

Les recherches historiques et biographiques menées par l’auteur sont très intéressantes. Les lecteurs ont appris de nombreuses choses sur la vie de Karl Marx et de ses proches. Très intéressant. A garder.

 

« La mer à l’envers » Marie Darrieussecq

Rose part en croisière avec ses enfants. Elle rencontre Younès qui faisait naufrage. Rose donne à Younes des habits et le téléphone de son fils. Puis les douaniers embarquent les réfugiés et chacun reprend sa vie. Néanmoins Rose continue à joindre régulièrement Younes sur le téléphone de son fils.

Un sujet d’actualité traité sans engagement, ni histoire d’amour. On ne comprend pas bien ce qui relie ces deux personnages. La fin, ésotérique, semble tirée par les cheveux. On ne garde pas.

« La clé USB » Jean-Philippe Toussaint

Lorsqu'on travaille à la Commission européenne dans une unité de prospective qui s'intéresse aux technologies du futur et aux questions de cybersécurité, que ressent-on quand on est approché par des lobbyistes ? Que se passe-t-il quand, dans une clé USB qui ne nous est pas destinée, on découvre des documents qui nous font soupçonner l'existence d'une porte dérobée dans une machine produite par une société chinoise basée à Dalian ? N'est-on pas tenté de quitter son bureau à Bruxelles et d'aller voir soi-même, en Chine, sur le terrain ?.

Un roman passionnant à l’intrigue digne d’un roman policier ou d’un roman d’espionnage. On découvre avec intérêt le monde des lobbyistes et l’univers du bitcoin et des cryptomonnaies. Difficile de décrocher de ce roman palpitant et très original.

« Mon année de repos et de détente » Ottessa Mosfegh

L’héroïne, riche et cultivée subit une dépression à l’âge de 26 ans, après la mort de ses parents. Elle décide de s’exclure de la société. Elle s’assomme de médicaments et d’alcool et ne sort plus de chez elle.

Une critique du monde de l’art bien menée (la narratrice travaillait dans une galerie d’art branchée). Mais l’histoire est extrêmement répétitive et ennuyeuse. L’auteur a essayé de décrire la jeunesse américaine, désœuvrée et sans ambition. On ne garde pas.

 

« Le bal des folles » Victoria Mas

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d'une soirée, le Tout-Paris s'encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles - d'un côté les idiotes et les épileptiques ; de l'autre les hystériques, les folles et les maniaques - ce bal est en réalité l'une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres.

L’auteure retrace le parcours d’Eugénie et Louise (toutes deux internées), de Madame Geneviève (l’infirmière) et nous dépeint la condition des femmes au XIXe siècle. Pour un premier roman, c’est une belle réussite !

 

« Baïkonour » Odile d’Oultremont

Anka vit au bord du golfe de Gascogne, dans une petite ville de Bretagne offerte à la houle et aux rafales. Fascinée par l’océan, la jeune femme rêve depuis toujours de prendre le large. Jusqu’au jour où la mer lui ravit ce père qu’elle aimait tant: Vladimir, pêcheur aguerri et capitaine du Baïkonour. Sur le chantier déployé un peu plus loin, Marcus est grutier. Depuis les hauteurs de sa cabine, à cinquante mètres du sol, il orchestre les travaux et observe, passionné, la vie qui se meut en contrebas. Chaque jour, il attend le passage d¹une inconnue. Un matin, distrait par la contemplation de cette jeune femme, il chute depuis la flèche de sa grue et bascule dans le coma. Les destins de ces deux êtres que tout oppose se croiseront-ils ?

Les personnages de cette histoire sont attachants, humains, originaux. L’auteure les décrit avec tendresse. Un roman très agréable à lire ; belle écriture.

 

« Sœur » Abel Quentin

Adolescente revêche et introvertie, Jenny Marchand traîne son ennui entre les allées blafardes de l'hypermarché de Sucy-en-Loire, sur les trottoirs fleuris des lotissements proprets, jusqu'aux couloirs du lycée Henri-Matisse. Dans le huis-clos du pavillon familial, entre les quatre murs de sa chambre saturés de posters d'Harry Potter, la vie se consume en silence et l'horizon ressemble à une impasse. La fielleuse Chafia, elle, se rêve martyre et s'apprête à semer le chaos dans les rues de la capitale, tandis qu'à l'Élysée, le président Saint-Maxens vit ses dernières semaines au pouvoir, figure honnie d'un système politique épuisé.

Un livre intéressant sur une adolescente qui se radicalise. Les parents peinent à se mettre d’accord sur ce qui arrive à leur fille et sur la réaction à adopter. Un style un peu trop élaboré en regard du sujet traité. A garder néanmoins. Très prenant.

 

« Cent millions d’années et un jour » Jean-Baptiste Andrea

  1. C'est dans un village perdu entre la France et l'Italie que Stan, paléontologue en fin de carrière, convoque Umberto et Peter, deux autres scientifiques. Car Stan a un projet. Ou plutôt un rêve. De ceux, obsédants, qu'on ne peut ignorer. Il prend la forme, improbable, d'un squelette. Apatosaure ? Brontosaure ? Il ne sait pas vraiment. Mais le monstre dort forcément quelque part là-haut, dans la glace. S'il le découvre, ce sera enfin la gloire, il en est convaincu. Alors l'ascension commence. Mais le froid, l'altitude, la solitude, se resserrent comme un étau. Et entraînent l'équipe là où nul n'aurait pensé aller.

Un roman très bien mené. On creuse avec les paléontologues ! A lire absolument. On est transporté au cœur du glacier. Un livre à mi-chemin entre le roman d’aventure et le conte.

 

« Je reste roi de mes chagrins » Philippe Forest

Le roman ressemble au théâtre puisqu'ils sont tous les deux pareils à la vie. Le silence se fait dans la salle. Le rideau se lève. La scène se situe en Angleterre. L'action se déroule vers le milieu du vieux XX' siècle. Un homme, le plus célèbre des Premiers ministres du Royaume-Uni, pose pour un autre qui le peint.

Un roman construit comme une pièce de théâtre autour de la relation qui lie Winston Churchill à Sutherland le temps de la peinture du portrait. Nombreuses références à Shakespeare. Bien que la construction du roman soit un peu complexe, on ne le lâche pas. A garder.

 

« Une partie de badminton » Olivier Adam

Après une parenthèse parisienne qui n'a pas tenu ses promesses, Paul Lerner, dont les derniers livres se sont peu vendus, revient piteusement en Bretagne où il accepte un poste de journaliste pour l'hebdomadaire local. Mais les ennuis ne tardent pas à le rattraper. Tandis que ce littoral qu'il croyait bien connaître se révèle moins paisible qu'il n'en a l'air, Paul voit sa vie conjugale et familiale brutalement mise à l'épreuve. Il était pourtant prévenu : un jour ou l'autre on doit négocier avec la loi de l'emmerdement maximum. Reste à disputer la partie le plus élégamment possible.

Un roman très pessimiste, copié collé du précédent roman d’Olivier Adam. Sans intérêt, dans la mesure où il n’apporte rien de nouveau. On ne le garde pas.

 

« Le cœur de l’Angleterre » Jonathan Coe

Comment en est-on arrivé là ? C'est la question que se pose Jonathan Coe dans ce roman brillant qui chronique avec une ironie mordante l'histoire politique de l'Angleterre des années 2010. Du premier gouvernement de coalition en Grande-Bretagne aux émeutes de Londres en 2011, de la fièvre joyeuse et collective des jeux Olympiques de 2012 au couperet du référendum sur le Brexit, « Le coeur de l'Angleterre » explore avec humour et mélancolie les désillusions publiques et privées d'une nation en crise. Dans cette période trouble où les destins individuels et collectifs basculent, les membres de la famille Trotter reprennent du service. Benjamin a maintenant cinquante ans et s'engage dans une improbable carrière littéraire, sa soeur Lois voit ses anciens démons revenir la hanter, son vieux père Colin n'aspire qu'à voter en faveur d'une sortie de l'Europe et sa nièce Sophie se demande si le Brexit est une cause valable de divorce.

 

Le point de vue d’un écrivain anglais sur le Brexit est intéressant, au même titre que la description de la société anglaise actuelle. A lire pour le sujet du livre. Certains ont aimé le style de J. Coe, tandis que d’autres l’ont trouvé un peu plat. Des longueurs. A garder néanmoins pour le sujet.

 

« Ce que l’on sème » Régina Porter

Alors que l'Amérique panse encore la plaie ouverte de la Seconde Guerre mondiale, la destinée de deux familles se met en marche. James Vincent, d'ascendance irlandaise, fuit un foyer familial chaotique pour faire des études de droit à New York où il deviendra un brillant avocat. De son côté, Agnes Miller, une jeune femme noire à l'avenir prometteur, voit son rendez-vous amoureux tourner au cauchemar lorsque la police arrête sa voiture sur une route déserte en lisière d'un bois de l'État de Géorgie. Les conséquences de cette nuit funeste influeront inexorablement sur sa vie et celle de ses descendantes. Pendant plus de six décennies de changements radicaux - de la lutte pour les droits civiques aux premières années de la présidence d'Obama, en passant par le chaos de la guerre du Vietnam -, les familles de James et Agnes demeureront inextricablement liées.

Une fresque familiale qui s’étend des années 50 à notre décennie. Très intéressant, dans la mesure où l’on assiste à l’histoire des Etats-Unis à travers ces deux familles, l’une blanche, l’autre afro-américaine. La chronologie non linéaire rend néanmoins le récit parfois difficile à suivre. Il ne faut pas hésiter à se reporter à la liste des personnages au tout début de l’ouvrage. Un livre original, bien écrit, à garder absolument.

 

« Chroniques d’un enfant du pays » James Baldwin

Réédition de ce livre qui regroupe des articles sur la condition des Noirs aux Etats-Unis.

Difficile à lire. On ne garde pas.

 

« Soif » Amélie Nothomb
« Pour éprouver la soif il faut être vivant. »

L’auteur se met dans la peau de Jésus. Le ressenti de Jésus est relaté avec beaucoup d’humour. Parce que l’auteur réussit à nous plonger avec maestria dans l’histoire de Jésus, certains lecteurs ont beaucoup aimé ce livre, très bien écrit. Pour d’autres, le récit d’Amélie Nothomb manque d’originalité et tombe dans tous les travers. Ce livre controversé a néanmoins été conservé dans la sélection de la médiathèque.

 

 

« La maison » Emma Becker

J¹ai toujours cru que j¹écrivais sur les hommes. Avant de m¹apercevoir que je n¹écris que sur les femmes. Sur le fait d¹en être une. Écrire sur les putes, qui sont payées pour être des femmes, qui sont vraiment des femmes, qui ne sont que ça ; écrire sur la nudité absolue de cette condition, c¹est comme examiner mon sexe sous un microscope. Et j¹en éprouve la même fascination qu¹un laborantin regardant des cellules essentielles à toute forme de vie.

Un récit très intéressant. A garder.

 

« Civilizations » Laurent Binet

Vers l'an mille : la fille d'Erik le Rouge met cap au sud. 1492 : Colomb ne découvre pas l'Amérique. 1531 : les Incas envahissent l'Europe. À quelles conditions ce qui a été aurait-il pu ne pas être ? Il a manqué trois choses aux Indiens pour résister aux conquistadors. Donnez-leur le cheval, le fer, les anticorps, et toute l'histoire du monde est à refaire. Civilizations est le roman de cette hypothèse : Atahualpa débarque dans l'Europe de Charles Quint. Pour y trouver quoi ? L'Inquisition espagnole, la Réforme de Luther, le capitalisme naissant. Le prodige de l'imprimerie, et ses feuilles qui parlent. Des monarchies exténuées par leurs guerres sans fin, sous la menace constante des Turcs. Une mer infestée de pirates. Un continent déchiré par les querelles religieuses et dynastiques. Mais surtout, des populations brimées, affamées, au bord du soulèvement, juifs de Tolède, maures de Grenade, paysans allemands : des alliés.

Dans cette uchronie, Laurent Binet imagine que les Indiens disposent du cheval, du fer et des résistances immunitaires…Dès lors, l’auteur inverse le sens de l’histoire et propose le récit inversé de la conquête de l’Ancien Monde. Très original et intéressant. A garder absolument.

« Une joie féroce » Sorj Chalandon

Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l'aime, Jeanne.Libraire, on l'apprécie parce qu'elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d'eux. A l'image de Matt, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu'il ne se soit jamais préoccupé du sien.Jeanne bien élevée, polie par l'épreuve, qui demande pardon à tous et salue jusqu'aux réverbères. Jeanne, qui a passé ses jours à s'excuser est brusquement frappée par le mal. « Il y a quelque chose », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d'elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d'avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s'en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s'éprend de liberté. Elle découvre l'urgence de vivre, l'insoumission, l'illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu'elle ne soupçonnait pas.

 

« Murène » Valentine Goby

Hiver 56, François a 22 ans quand un accident le prive de ses bras. Bien au-delà de l'effroi, ce livre puissant raconte le combat de ce garçon, sa force et ses difficultés pour réintégrer non pas sa vie, mais une autre vie. Jusqu'au jour où, par-delà la vitre d'un aquarium, une murène lui réinvente un avenir et va lui ouvrir les portes d'une aventure singulière : les balbutiements du handisport.

Très très bien. Un livre très émouvant, sans aucun pathos. Il est nécessaire de se replacer dans le contexte de l’époque pour comprendre le livre. Dans les années 50, les personnes prioritaires étaient les blessés de guerre. Ce livre retrace aussi l’histoire de l’handisport jusqu’en 1964 et les premiers jeux paralympiques. A lire absolument. Qui plus est, ce livre est très bien écrit.

 

« La neuvième tombe » Stéphane Ahnheim

La nuit tombe sur Stockholm. En quittant le Parlement après une séance houleuse pour rejoindre la voiture qui l'attend, le ministre de la Justice disparaît. Cette même nuit, à Tibberup, un petit village au nord du Danemark, la femme d'un célèbre présentateur est violée et assassinée chez elle. Bientôt d'autres corps, mutilés, sont retrouvés de part et d'autre du détroit d'Öresund.

Une histoire de serial killer avec beaucoup d’hémoglobine. Une scène de cannibalisme. Pas bien. On ne garde pas.

 

« Jour de courage » Brigitte Giraud

Lors d’un exposé en cours d’histoire sur les premiers autodafés nazis, Livio, 17 ans, retrace l’incroyable parcours de Magnus Hirschfeld, ce médecin juif-allemand qui lutta pour l’égalité hommes-femmes et les droits des homosexuels dès le début du XXe siècle. Homosexuel, c’est précisément le mot que n’arrive pas à prononcer Livio : ni devant son amie Camille, dont il voit bien qu’elle est amoureuse de lui, ni devant ses parents. Magnus Hirschfeld pourrait-il parler pour lui ? Sous le regard interdit des élèves de sa classe, Livio accomplit alors ce qui ressemble à un coming out.

Très beau roman sur un sujet difficile. L’homosexualité, ici, est traitée avec pudeur. Comme d’habitude, l’écriture de Brigitte Giraud est élégante.

 

« Nouvel an » Juli Zeh

Henning, sa femme et leurs deux jeunes enfants passent le nouvel an sur l’île de Lanzarote afin de se ressourcer. Malgré le vent, le 1er janvier, Henning décide de partir faire une balade à vélo et d’escalader le volcan. Arrivé au sommet du volcan, Henning est complétement déshydraté. Invité par Lisa à entrer chez elle pour se réhydrater, Henning ressent une dérangeante sensation de déjà-vu.

Un véritable thriller sans enquête. Le roman, captivant, révèle la cause du mal-être ressenti par Henning. La seconde partie du roman est parfaitement inattendue. A lir